Fausses banques en ligne : gare aux arnaques !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’Autorité des Marchés Financiers vient de mettre à jour une fausse banque en ligne !

Cette dernière, répondant au nom de « micro-prêts » était en fait une fausse entreprise de placements par Internet qui prétendait offrir des taux de rémunération allant jusqu’à rien de moins que 12% ! Ce qui, tout le monde en conviendra, était sans doute un peu trop beau pour être vrai…

Grâce à sa vigilance, le super gendarme des marchés vient donc de stopper une arnaque grandeur nature, qui, si elle n’avait été démasquée, aurait pu causer un tort considérable à nombre d’usagers !

M. Théberge, président de l’Autorité :

« Cela faisait un bon moment déjà que nous menions l’enquête sur ce dossier-là.  Autant dire que nos équipes de surveillance des marchés ont vraiment bien travaillé. Je tiens aussi à souligner que des investisseurs nous ont également appelé parce qu’ils trouvaient que le site en question était pour le moins étrange ».

Le portail frauduleux n’était en effet pas très clair du point de vue légal, des irrégularités et des manquements importants avaient été constatés. Au premier rang de ces manquements évidents et graves, l’entreprise n’avait même pas pris la peine de s’enregistrer auprès de l’Autorité. Elle n’avait donc ni existence légale ni droit de se présenter sous l’intitulé de courtier ou de conseiller en valeurs mobilières. Et ceci est le premier chef d’accusation des gérants de ce portail.

Deuxième faute avérée pour laquelle ces mêmes gérants risquent bien d’être condamnés, le délit d’informations inexactes et trompeuses.  En ce sens, la société arguait que les fonds des usagers étaient assurés et que ces derniers allaient être rémunérés selon des taux pour le moins mirobolant de 6 à 12% ! Alors qu’en fait l’entreprise usitait ces montants dans des prêts conclus à des taux particulièrement hauts, proches de pratiques usuraires. Mais en fait, les dépôts n’étaient aucunement assurés, d’une part, et la société ne les a jamais rémunérés non plus, d’une autre.

Aujourd’hui, tant les entrées que les sorties de fonds sont gelées et le portail va être définitivement fermé sous dix jours.

Alors comment se prémunir contre ces risques d’arnaques ? Comment déjouer les pièges ?

Comment, en clair, ne pas se faire avoir ?

Tout d’abord, il faut savoir raison garder. Ne pas s’emballer et ne pas foncer la tête la première lorsqu’on voit, sur le Net par exemple, des offres particulièrement alléchantes. En effet, si ces dernières le sont trop, beaucoup trop, alors ça cache souvent quelque chose de pas très clair.

Les établissements bancaires virtuels sont, rappelons-le, aussi sûrs que performants.

Les conditions présentées aux usagers sont particulièrement avantageuses si on les compare aux produits et services des établissements classiques : plus de souplesse, des taux d’intérêt plus performants, des frais annexes bien moindres…

Cela dit, les marges de manœuvre des banques demeurent toujours liées aux évolutions du marché. C’est une règle intransgressible.

Alors si les arnaques et autres fraudes ont tendance à se multiplier, c’est parce que le succès des banques en ligne, non seulement ne se dément pas, mais en plus continue à grandir. Or qui dit succès dit tentation, pour les moins honnêtes, de venir surfer sur cette vague afin d’en tirer profit à leur tour. C’est ainsi depuis la nuit des temps, le succès attire le succès mais aussi les convoitises. Et parmi ces dernières, certains n’hésitent pas à franchir la ligne rouge de la légalité et de l’honnêteté pour tenter d’abuser les plus crédules et les plus fragiles, qui, comme un fait exprès, s’avèrent malheureusement souvent être les mêmes…

Voilà pourquoi, plus que jamais, la vigilance –tant de l’autorité des marchés que des usagers particuliers, doit être de mise…