Frais bancaires : gare aux pièges

Selon la dernière enquête de la revue 60 millions de consommateurs, 70% des français aimeraient changer de banque pour pouvoir bénéficier de tarifs plus avantageux.

Taxes et frais divers sur les relevés de compte semblent en effet peser de plus en plus sur les clients. D’autant plus que la loi oblige depuis cet été à indiquer tous les mois ce qu’elles ont encaissé dans une rubrique dédiée a cela.

Crise ou pas crise, l’activité des banques de détail constitue pour elles une vraie manne car en tout 65% de leur chiffre d’affaire est fait de frais et tarifs bancaires, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Voila pourquoi les clients épluchent de plus en plus leurs comptes afin de voir s’ils ne se font pas trop duper. Mais la démarche n’est pas simple, voila pourquoi les comparateurs sont utiles, même si soumettre les banques à un banc d’essai induit de regarder scrupuleusement 300 tarifs en moyenne dans chaque fascicule ! Et ceci est d’autant plus délicat que les intitulés différent d’une banque a l’autre malgré leur promesse de plus de transparence. On ne sera donc pas étonné d’apprendre que certaines lignes restent bien mystérieuses, comme « un avis de sort » chez Fortuneo, une « conservation sous dossier » à 81 euros chez LCL ou encore « un avis d’opéré complémentaire » de 1,30 euros au CIC.

Pour les clients puissent s’y repérer les banques ont été obligées cette année d’afficher dix prix « standard » en tête de leurs documents tarifaires.

Il est notamment bon de savoir que la cotisation de la carte bancaire représente pratiquement 30% de la facture annuelle pour l’usager, soit près de 3 milliards d’euros pour les réseaux !  Par ailleurs, son coût a augmenté dans plus de 50% des réseaux étudiés ces deux dernières années : 37 euros par an en moyenne pour une Visa, c’est bien au-delà de ce que pratiquent nos voisins et bien supérieur au vrai coût de revient estimé en effet a 5 euros selon l’UFC Que Choisir. Et a tout cela il faut ajouter un kyrielle de frais en cas de problème (réédition du code, frais de capture de carte, frais indirects…).

Et puis les banques ont de plus d’exigences, notamment en ce qui concerne l’octroi d’un crédit immobilier seulement si l’on accepte de domicilier ses revenus. Ou encore la taxation de la délégation d’assurance emprunteur et les frais insensés de transfert de plan d’épargne logement en actions.

Toute la complexité du problème est donc d’essayer de comprendre comment les banques justifient tous les frais, en hausse constante de surcroît, qu’elles nous imposent.

Le secteur bancaire fait partie des activités commerciales qui ont le plus profité des apports de l’Internet dans les relations avec les usagers. C’est aussi cela qui a conduit à la création et à l’essor des banques en ligne qui connaissent un succès qui ne se dément pas. D’ailleurs le comparatif de 60 millions de consommateurs en atteste : la supériorité des banques en ligne est écrasante en termes de tarifs et de frais bancaires.

Par exemple chez ING Direct, tout ou presque est gratuit. Carte, virement, mise en opposition du prélèvement et du chèque sont offerts, et ce sont les seuls à le faire. En plus, pas de commission d’intervention ni de frais de gestion de succession ou d’attestation et le taux d’agios est le plus bas du comparatif. Seule contrepartie: les 50 euros pour déclaration à la Banque de France en cas d’opposition à la carte bancaire. Pour rejoindre ce ING, il faut en faire sa banque principale et y verser a minima 50 euros/ mois.

Chez Boursorama  pas de commission d’intervention, carte gratuite, taux de découvert autorisé limité à 8% d’intérêt et opposition sur chèque offerte. Mais elle est devancée par ING sur les frais de succession et le coût d’une d’attestation.

La photocopie d’un chèque coûte tout de même 15 euros et les opérations hors Web sont taxées 3 euros.  Dernière point litigieux : il faut toucher plus de 1 350 euros/mois pour devenir client en compte principal.

Chez Fortuneo, filiale du Crédit Mutuel, seuls les clients touchant plus de 1 500 euros nets par mois sont acceptés. Ou ceux qui disposent d’une épargne supérieure à 5000 euros.

Le taux du découvert autorisé plafonne également à 8%, l’envoi du chéquier en recommandé est gratuit ainsi tout comme la mise en opposition d’un chèque. Et le blocage du compte pour une saisie ne s’élève qu’à 69 euros, soit le plus performant du comparatif de 60 millions de consommateurs. Par ailleurs, pas de frais étranges et annexes à déplorer. Seul et conséquent frein: la commission d’intervention s’élève à 10 euros. Et là, Fortuneo est bien la plus chère du comparatif’.

Si l’on se penche sur le cas de Monabanq, détenue par Cofidis, elle propose des tarifs qui s’approchent des standards des établissements classiques, ce qui, de fait, limite l’intérêt que l’on pourra porter à cette banque en ligne, outre ses qualités bien sûr.

Enfin et pour conclure, si toutes les banques en ligne semblent proposer des tarifs et autres services tous plus intéressants, attractifs et séduisants les uns que les autres, il convient tout de même de bien éplucher les documentations et de ne pas hésiter à s’appuyer sur des études comparatives avant de faire son choix.