Les banques satisfaites par les dernières mesure d’aide à la Grèce

Suite au sommet de la zone euro, organisé jeudi dernier, à Bruxelles, de nouvelles mesures vont donc être mises en place afin d’aider la Grèce à régler sa dette et sortir des difficultés auxquelles elle doit faire face depuis de nombreux mois déjà. Impliquées dans cette affaire, les grandes banques européennes ont toutefois réussi à limiter les frais, à 5,4 milliards d’euros, grâce à une négociation, lors de la deuxième étude d’un plan de sauvetage, qui s’est vue couronner de succès et qui a permis d’appliquer une décôte de 21 % sur leurs avoirs.

C’est, en la matière, le plus important groupe bancaire français, et même européen, représenté par BNP Paribas, qui devrait enregistrer la plus grosse perte, celle-ci s’élevant à quelques 950 millions d’euros de créances effacées, ce grand nom se trouvant tout particulièrement touché par la dette d’Athènes.

Ayant toutefois soulagé les investisseurs quant à l’impact de cette crise sur les banques et sur l’éventuelle propagation de celle-ci à d’autres pays, cela signifie, comme l’a rapidement souligné Oliver Flade, responsable chez Allianz Global Investors, que « le danger d’un défaut incontrôlable est écarté », même si tous les problèmes ne sont pas résolus, celui-ci constatant uniquement, avec un certain soulagement cependant, qu’« une catastrophe a été évitée ».

En effet, si, selon lui, « une décote de 40 – 50 % aurait été logique sur le plan économique », le résultat obtenu est tout de même satisfaisant, « entre les banques qui voulaient 0 % et les dirigeants politiques qui demandaient bien plus, un consensus de 21 % a été conclu », celui-ci rappelant alors que, « pour les banques, c’est mieux que ce qu’elles pouvaient espérer ».

La position des assureurs dans cette affaire, quoi que moins claire que celle des banques, et ayant nécessité davantage d’approfondissement dans les tests de résistance réalisés, devrait, au final, être à peu près similaire à celle de ces dernières.

Malgré cela, quelques incertitudes persistent encore quant à une éventuelle sous-estimation de leurs pertes par les banques, comme le révèle alors Gary Jenkins, d’Evolution, le cabinet d’analyses, « nous pensons depuis longtemps que l’issue la plus probable est que les détenteurs de dette grecque devront subir d’abord une petite décote, puis une plus importante plus tard. Pour que la Grèce ait une chance de s’en sortir, ils devront probablement renoncer à environ 65 % ».

Dès lors, différents choix sont proposés aux créanciers, consistant dans la possibilité d’échanger des titres, de procéder à un rollover, ou encore de racheter cette dette ; cette modification majeure dans le déroulement de l’emprunt ayant entraîné la réaction immédiate de l’agence de notation Fitch qui a alors fait savoir qu’elle placerait, dans son classement, la Grèce en « défaut partiel ».

S’élevant à 150 milliards d’euros, la dette que détient le secteur privé pourrait, si 90 % des banques se montraient volontaires, diminuer rapidement de 54 milliards d’euros, en trois années seulement. BNP Paribas, le groupe le plus impliqué dans cette affaire, avec 4,5 milliards d’euros, devant Dexia, le franco-belge, et Marfin, le chypriote, et leurs 3,4 milliards d’euros chacune, devraient donc enregistrer une perte de 700 millions d’euros ; les assureurs les plus exposés étant Generali, l’italien, CNP Assurances, le français, et Allianz, l’allemand, avec des parts respectives de 3 milliards d’euros, 2 puis 1,3, d’après les résultats publiés par Barclays Capital.