Une innovation en matière de placements bancaires change surtout l’accès, le support ou le mode de gestion, rarement la règle de base : un rendement plus élevé s’accompagne d’un risque plus élevé, et rien n’est garanti. Cet article présente cinq catégories de placements, ce que les autorités en disent et la grille de questions à appliquer à chacune.
Quelles sont les principales innovations à connaître ?
| Innovation | Principe | Risque principal |
|---|---|---|
| Financement participatif | Don, prêt ou souscription de titres de petites entreprises via une plateforme | Non-remboursement, défaillance du porteur de projet, revente difficile |
| Crypto-actifs | Actifs numériques détenus via un prestataire de services | Volatilité, risques techniques, arnaques, absence de garantie |
| Gestion déléguée | Un gérant investit selon un mandat et un profil de risque | Profil non standardisé, frais, perte en capital |
| ETF (trackers) | Fonds indiciel coté qui suit un indice | Variation de l’indice, écart de suivi, risque de change |
| Placements verts | Fonds, obligations ou plans orientés transition écologique | Greenwashing, perte en capital |
Le financement participatif est-il un placement comme un autre ?
Non. L’AMF distingue trois formes : le don, avec ou sans contrepartie, le prêt, rémunéré ou gratuit, et la souscription de titres financiers (obligations ou actions d’entreprises non cotées). Les risques cités sont le non-remboursement du capital, le non-versement des intérêts en cas de défaillance du porteur de projet et la difficulté, voire l’impossibilité, de revendre les titres. Dans un communiqué de juin 2025, l’AMF rappelle que le paiement des intérêts et le remboursement du capital ne sont jamais garantis, et que la défaillance de la plateforme est un risque à part entière.
Côté encadrement, les plateformes de dons et de prêts gratuits s’immatriculent à l’Orias comme intermédiaires en financement participatif, tandis que celles qui proposent des prêts rémunérés ou des titres doivent être agréées comme prestataires de services de financement participatif (PSFP). La collecte a atteint 2 milliards d’euros en 2023, dont 55,6 % dans l’immobilier selon la DGCCRF.
Que change la réglementation européenne pour les crypto-actifs ?
Le 1er juillet 2026 a marqué la fin de la période transitoire française du règlement européen MiCA. Seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés peuvent proposer leurs services en France, et l’AMF tient à jour une liste blanche. Elle met en garde contre les faux sites imitant des prestataires autorisés et rappelle de ne jamais communiquer ses clés privées. L’AMF note également qu’un investissement en crypto-actifs comporte de nombreux risques (volatilité, risque informatique, arnaques) et qu’il n’existe pas de protection des dépôts.
Comment juger la gestion déléguée et les ETF ?
Un mandat de gestion est un contrat écrit par lequel le client autorise un gérant à investir son épargne selon ses objectifs et sa tolérance au risque. L’AMF précise que les profils « prudent », « équilibré » ou « dynamique » ne sont pas standardisés d’un acteur à l’autre ; elle recommande qu’un portefeuille « prudent » ne dépasse pas 30 % d’actifs risqués. Depuis le 3 janvier 2018, le gérant doit communiquer tous les coûts directs et indirects et fournir un relevé annuel des coûts.
Un ETF est un fonds indiciel coté, qui cherche à suivre le plus fidèlement possible un indice boursier. L’AMF indique que ses frais sont souvent inférieurs à 0,5 % par an, mais mentionne l’écart de suivi, le risque de change et la faible liquidité de certains ETF. Pour un PEA, l’ETF doit être investi à 75 % au moins en actions de sociétés de l’Union européenne ; voir le guide sur le PEA en banque en ligne. Comparer les frais d’un support à l’autre suppose une méthode, détaillée dans notre guide du comparatif des frais.
Où se situent la finance durable et les produits structurés ?
Les placements orientés transition écologique ont leur propre cadre : labels, classification SFDR, règles sur les noms de fonds, plan d’épargne avenir climat pour les moins de 21 ans. Ces points sont traités dans l’article sur l’épargne verte, et la dimension éthique dans celui sur les placements éthiques. Les produits structurés, eux, sont décrits dans l’article sur leur fonctionnement et leurs risques : environ 80 % sont distribués dans des contrats d’assurance-vie, selon l’AMF et l’ACPR.
Quelles questions poser avant d’adopter une nouveauté ?
- Qui est le prestataire, et figure-t-il sur le registre ou la liste officielle correspondante (Orias, AMF, liste blanche PSCA) ?
- Le capital est-il exposé à une perte ? Dans quelles conditions ?
- Combien de temps l’argent est-il immobilisé, et comment en sortir ?
- Quels sont tous les frais, directs et indirects ?
- Le produit est-il compris ? À défaut, la recommandation constante de l’AMF est de ne pas souscrire.
À lire aussi
Questions fréquentes
Le financement participatif est-il garanti ?
Non. L’AMF indique que le paiement des intérêts et le remboursement du capital ne sont jamais garantis. Le défaut du porteur de projet ou de la plateforme peut entraîner une perte partielle ou totale.
Comment vérifier qu’une plateforme de crypto-actifs est autorisée ?
L’AMF publie une liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés. Il convient de vérifier que l’adresse du site correspond exactement à celle de la liste.
Les crypto-actifs sont-ils couverts par une garantie des dépôts ?
L’AMF indique qu’il n’existe pas de protection des dépôts ni de dispositif institutionnel équivalent pour ces investissements. Le recours à un prestataire agréé réduit le risque de contrepartie sans supprimer les risques de marché.
Un profil de gestion « prudent » exclut-il toute perte ?
Non. Les profils ne sont pas standardisés selon l’AMF, qui recommande seulement qu’un portefeuille « prudent » n’excède pas 30 % d’actifs risqués. Un mandat de gestion comporte toujours un risque de perte.
Un ETF est-il moins risqué qu’un fonds classique ?
Un ETF offre une diversification et des frais généralement plus bas, mais sa valeur suit celle de l’indice, à la hausse comme à la baisse. L’AMF cite aussi l’écart de suivi, le risque de change et la liquidité de certains ETF.
Sources
- AMF — financement participatif (brochure et mise en garde de juin 2025) : formes, risques, immatriculation
- DGCCRF (economie.gouv.fr) — cadre du financement participatif, statuts et chiffres de collecte
- AMF — MiCA et crypto-actifs : fin de la période transitoire, liste blanche, risques
- AMF — fiches mandat de gestion et ETF : fonctionnement, frais, risques
- Service-Public.fr : comptes et livrets d’épargne, quelles différences ? — différences entre comptes et livrets d’épargne
- AMF Protect Épargne : questions fréquentes — informations de l’AMF pour les épargnants
Article informatif ne constituant pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les offres, frais et conditions évoluent : vérifiez les informations officielles et à jour de chaque établissement avant toute décision.

