Image default
Frais & tarifs

Retraits gratuits à l’international : règles et frais

En bref — Dans un autre pays de la zone euro, le règlement (UE) 2021/1230 impose à la banque de facturer un retrait en euros au même prix qu’un retrait national comparable. Hors zone euro, la gratuité n’est pas encadrée de la même façon : le texte européen impose surtout d’annoncer les frais de conversion avant l’opération, sous forme de majoration par rapport au taux de la BCE. Le distributeur peut en outre facturer ses propres frais, et la conversion proposée au terminal est à décliner ou à comparer. Les conditions de chaque banque font foi.

Les retraits gratuits à l’international dépendent de trois couches de frais : ceux de la banque, ceux de la conversion de devise et ceux de l’exploitant du distributeur. Cet article ne classe pas de banques, dont les offres changent. Il présente le cadre européen, les points de vigilance au distributeur et la méthode pour lire une brochure tarifaire avant un départ. Les frais de carte à l’étranger sont détaillés dans le guide frais bancaires à l’étranger : le vrai coût de votre carte.

Que dit le règlement européen sur les retraits en zone euro ?

L’article 3 du règlement (UE) 2021/1230 pose que les frais facturés par un prestataire de paiement pour des paiements transfrontaliers en euros sont identiques à ceux facturés pour les paiements nationaux correspondants de même montant. Le texte couvre les opérations traitées de façon électronique, retraits aux distributeurs compris d’après le texte consulté. Il ne s’applique pas aux frais de conversion monétaire. Conséquence : pour un retrait en euros en Italie ou en Allemagne, la banque du porteur ne peut pas facturer plus que pour un retrait comparable en France, au titre de ses propres frais.

Ce principe vise la banque de l’utilisateur. Il ne dit pas qu’un retrait est gratuit : si la banque facture les retraits en France, elle les facture aussi à l’étranger en zone euro.

Et hors zone euro, ou hors Union européenne ?

SituationCe que prévoit le règlementÀ vérifier
Retrait en euros dans un pays de la zone euroFrais de la banque identiques à ceux d’un retrait national comparableFrais de l’exploitant du distributeur
Retrait en monnaie locale dans un autre pays de l’UnionFrais de conversion annoncés avant l’opération, en majoration en pourcentage par rapport au dernier taux de référence de la BCEFrais propres de la banque pour un retrait en devise
Retrait dans un pays hors de l’UnionNon établi ici : les règles dépendent du contrat avec la banqueBrochure tarifaire et conditions de la carte

La Banque de France résume ainsi les obligations : avant un paiement par carte ou un virement en monnaie non euro dans l’Union, la banque doit informer du taux de la BCE et de sa marge de conversion. Elle précise que la zone euro est la zone de la monnaie unique, dont la liste se consulte sur le site de la BCE. Les règles hors Union ne sont pas couvertes par ces textes : les conditions de la banque s’appliquent.

Qu’est-ce que la conversion dynamique de devise ?

La conversion dynamique (DCC) intervient quand le terminal ou le distributeur propose de débiter en euros un montant affiché dans la monnaie du pays. La conversion est alors réalisée par le prestataire du terminal, qui fixe son taux, et non par la banque du porteur. Le règlement prévoit, à son article 4, que l’utilisateur est informé avant l’opération des frais de conversion proposés et peut régler dans la monnaie du pays, la conversion étant alors réalisée par sa banque. Le taux du terminal comprend une marge propre à l’exploitant : il peut être moins favorable que celui de la banque, d’où l’intérêt de comparer avec ses conditions.

Le distributeur peut-il facturer des frais en plus ?

Oui, quand l’exploitant est indépendant de la banque du porteur. La directive (UE) 2015/2366 exclut de son champ les services de retrait fournis par des exploitants de distributeurs indépendants, tout en imposant de communiquer au client les frais de l’opération avant le retrait. La commission doit donc être annoncée avant le retrait. Ces frais viennent en plus de ceux de la banque.

Comment lire la brochure tarifaire avant de partir ?

Ligne à repérerQuestion à se poser
Retrait en zone euroGratuit, limité en nombre, ou facturé comme un retrait national ?
Retrait en deviseNombre de retraits gratuits par période, puis forfait ou pourcentage, minimum de perception
Taux de changeTaux du réseau de carte ou de la banque, marge ajoutée
Paiement en deviseFrais différents de ceux du retrait ?
Plafond de retraitMontant par période, relèvement possible ?

Un exemple de structure : sur sa page consultée en octobre 2026, BoursoBank indique que les retraits et paiements en euros dans la zone euro sont gratuits pour toutes ses cartes, tandis que les retraits en devises dépendent de l’offre de carte, avec un nombre de retraits gratuits par mois puis un pourcentage par retrait supplémentaire, et un taux de change du réseau Visa sans frais supplémentaires selon la banque. Les montants ne sont pas repris : ils peuvent changer. L’article sur les plafonds de retrait et de paiement aide à relever les limites avant un séjour.

Retrait ou autre solution pour accéder à ses espèces à l’étranger ?

Un compte multi-devises ou une carte prépayée en devise peuvent réduire le nombre de conversions, avec leurs propres frais : voir comptes multi-devises : fonctionnement. Le guide retrait sans frais : comment ne plus payer vos espèces traite le cas des retraits en France, et l’article sur les cartes bancaires pour voyager les critères propres au voyage.

Questions fréquentes

Un retrait en zone euro est-il toujours gratuit ?

Non. Le règlement impose que les frais de la banque soient identiques à ceux d’un retrait national comparable. Si la banque facture déjà les retraits en France, elle peut les facturer aussi en zone euro.

Faut-il accepter la conversion en euros au distributeur ?

Le règlement permet de régler dans la monnaie du pays. La conversion proposée au terminal inclut la marge de son exploitant, parfois moins favorable que celle de la banque : comparer avec ses conditions avant de choisir.

Le distributeur peut-il facturer en plus de la banque ?

Oui, lorsqu’il appartient à un exploitant indépendant. La directive (UE) 2015/2366 impose d’informer le client des frais avant le retrait ; ces frais s’ajoutent à ceux de la banque.

Où trouver les frais de retrait à l’étranger d’une banque ?

Dans la brochure tarifaire et les conditions de la carte de l’établissement. Les lignes à chercher sont les retraits en zone euro, les retraits en devises, le taux de change et les paiements en devises.

Qu’appelle-t-on zone euro ?

L’ensemble des États membres dont la monnaie est l’euro. La liste à jour se consulte sur le site de la Banque centrale européenne, vers lequel renvoie la Banque de France.

Sources

  • EUR-Lex — règlement (UE) 2021/1230 : égalité des frais en euros, transparence de la conversion, articles 3 et 4
  • EUR-Lex — directive (UE) 2015/2366 : exploitants de distributeurs indépendants, information sur les frais
  • Banque de France — aide en ligne sur les devises étrangères et la transparence des frais de conversion
  • BoursoBank — page sur les retraits et paiements à l’étranger (exemple de structure tarifaire)
  • ACPR : ABE Info Service — informations pratiques sur la banque, l’assurance et l’épargne

Article informatif ne constituant pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les offres, frais et conditions évoluent : vérifiez les informations officielles et à jour de chaque établissement avant toute décision.



A lire aussi

Commission d’intervention : plafonds et frais d’incident

administrateur

Comparatif frais bancaires : la méthode qui marche

administrateur

Frais de tenue de compte : qui les paie encore ?

administrateur