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Banques en ligne et cryptomonnaies : options, cadre MiCA et risques

En bref — Un client de banque en ligne peut accéder aux cryptomonnaies de trois façons : par un service de sa banque ou d’une filiale agréée, par un produit coté indexé acheté sur un compte-titres, ou par une plateforme extérieure alimentée par virement. Depuis le règlement européen MiCA, seuls les prestataires agréés (PSCA) peuvent proposer ces services en France ; la période transitoire est close depuis le 1er juillet 2026. Les crypto-actifs sont exclus de la garantie des dépôts, leur valeur peut fortement baisser et aucun gain n’est garanti. Les cessions contre euros sont à déclarer à l’administration fiscale.

Les banques en ligne et les cryptomonnaies ne se rejoignent pas toujours dans la même application. Certaines offres associent un compte courant et un accès à des crypto-actifs, mais la banque, le prestataire de crypto-actifs et l’émetteur du produit ne sont pas forcément la même entité, et la protection du client en dépend. Cet article décrit les options existantes, les repères pour les distinguer et les vérifications à faire. Il n’invite pas à investir et ne compare pas les tarifs, qui changent.

Quelles options a un client de banque en ligne ?

OptionQui fournit le serviceCe qui change pour le client
Service intégré à la banque ou à son groupeLa banque (après notification à son superviseur) ou une filiale agréée PSCAAchat, vente et conservation depuis l’application bancaire ; il faut vérifier quelle entité détient les actifs
Produit coté indexé (ETN)Un émetteur de produits cotés, acheté via un compte-titresExposition indirecte : le client ne détient pas de crypto-actifs en direct et le cadre applicable est celui des produits financiers
Plateforme extérieure alimentée par virementUn PSCA indépendant de la banqueLa banque n’intervient que pour le virement ; le client est lié par les conditions de la plateforme

Pour la première option, deux exemples illustrent le cas d’un groupe bancaire. Selon l’AMF, Hexarq a été agréée le 5 février 2026 pour la conservation, l’échange et l’exécution d’ordres sur crypto-actifs. La presse spécialisée (Moneyvox) indique que, par l’intermédiaire de cette filiale du groupe BPCE, des clients de certaines Banques Populaires et Caisses d’Épargne peuvent acheter, vendre et conserver du bitcoin et de l’ether depuis l’application de leur banque, et que BNP Paribas a choisi la voie indirecte en proposant des ETN accessibles sur compte-titres.

Du côté des néobanques, la liste blanche de l’AMF mentionne Revolut Digital Assets Europe Ltd, agréée à Chypre le 21 octobre 2025 par l’autorité chypriote, pour six services dont la conservation, l’échange et le transfert. Il s’agit d’une entité agréée dans un autre État de l’Union : les conditions du service indiquent quelle entité contracte avec le client, et c’est elle qu’il faut identifier. Aucune autre offre n’est citée ici, faute d’avoir pu la vérifier : les services d’un établissement se lisent sur son site et dans ses conditions générales.

Que change le règlement MiCA pour le client ?

D’après l’AMF, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs agréés peuvent rendre des services en France, et le prestataire figure sur une liste blanche à consulter en vérifiant que l’adresse du site correspond exactement à celle de la liste. Un prestataire agréé dans un État de l’Union peut opérer dans toute l’Union (« passeport européen ») ; cela peut impliquer un service client dans une autre langue et, selon l’AMF, un médiateur de l’AMF non compétent pour les litiges avec un prestataire étranger. Le détail du régime (PSAN, PSCA, stablecoins) est présenté dans notre article banques et crypto-paiements : cadre MiCA et risques.

Quelles protections existent, et lesquelles n’existent pas ?

  • Pas de garantie des dépôts. La brochure du FGDR liste les crypto-actifs parmi les produits non couverts. La garantie, de 100 000 € par client et par établissement pour les dépôts, est expliquée dans notre guide sur la garantie des dépôts.
  • Un encadrement renforcé, sans garantie de résultat. MiCA impose agrément, supervision, exigences de cybersécurité et information sur les frais et les risques. L’AMF précise que l’agrément ne protège pas des pertes de marché.
  • Un risque d’escroquerie à surveiller. Sites imitant un prestataire agréé, demandes de transfert non sollicitées : ne jamais communiquer ses clés privées et comparer l’adresse du site à la liste blanche.

La conservation par le prestataire (clés détenues pour le compte du client) ou par le client lui-même (portefeuille personnel) n’expose pas aux mêmes risques : perte des clés d’un côté, défaillance ou piratage du prestataire de l’autre. Aucun rendement n’est garanti dans aucune de ces situations.

Comment lire les frais et les conditions d’un service crypto ?

  1. Identifier l’entité qui fournit le service et son statut sur la liste blanche de l’AMF ; pour la banque elle-même, contrôler l’agrément sur le registre Regafi.
  2. Repérer la ligne de frais de chaque opération : achat, vente, conversion, retrait ou transfert vers un portefeuille externe. L’écart entre le prix affiché et le prix de marché peut constituer un coût en soi.
  3. Vérifier la liste des crypto-actifs disponibles et les limites de retrait.
  4. Lire les conditions de conservation : qui détient les clés, et que se passe-t-il en cas de défaillance du prestataire ?
  5. Lire les informations sur les frais et les risques que le prestataire doit fournir avant le premier achat.

Pour comparer les établissements avant toute ouverture, notre guide sur la meilleure banque en ligne expose les critères de comparaison, et l’article sur les banques et la blockchain distingue les usages réels des annonces.

Quelles obligations fiscales pour un particulier ?

Selon impots.gouv.fr, la cession d’actifs numériques contre une monnaie ayant cours légal et l’achat d’un bien ou d’un service avec des actifs numériques sont des opérations imposables. L’échange d’actifs numériques contre d’autres actifs numériques, sans soulte, bénéficie d’un sursis d’imposition. Les plus ou moins-values se déclarent sur le formulaire 2086, avec le prélèvement forfaitaire unique par défaut et une option pour le barème progressif ; le taux est à lire sur le site de l’administration. Les particuliers sont exemptés si la somme des prix de cession de l’année n’excède pas 305 €, ce seuil s’appliquant aux prix de cession et non aux gains.

Les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger se déclarent sur le formulaire 3916-bis, dans les mêmes délais que la déclaration annuelle de revenus. Cette obligation peut concerner un compte ouvert auprès d’un prestataire installé hors de France. En cas de doute, un conseiller fiscal ou le service des impôts est l’interlocuteur adapté.

Questions fréquentes

Ma banque en ligne peut-elle me proposer du bitcoin ?

Si elle a notifié son superviseur ou si son groupe dispose d’une filiale agréée PSCA, oui. Sinon, elle peut proposer des produits cotés indexés ou ne rien proposer. Les conditions du service et la liste blanche de l’AMF permettent de vérifier.

Mes cryptomonnaies sont-elles couvertes par la garantie des dépôts ?

Non. Le FGDR cite les crypto-actifs parmi les produits non couverts. En cas de défaillance du prestataire, aucune indemnisation de ce type n’est prévue.

Un ETN est-il la même chose que détenir du bitcoin ?

Non. L’ETN est un produit coté dont la valeur suit un actif sous-jacent ; il offre une exposition indirecte, sans détention de crypto-actifs en direct, et le cadre applicable diffère de celui de la détention directe.

Que faire si ma plateforme crypto n’est pas agréée ?

L’AMF indique que les prestataires non agréés doivent communiquer un plan de sortie : il est possible de transférer ses actifs vers un prestataire agréé, vers un portefeuille personnel ou de les convertir en euros. Les frais et délais sont à vérifier avant d’agir.

Faut-il déclarer l’achat de cryptomonnaies ?

L’imposition porte sur les cessions contre euros ou pour acheter un bien ou un service, déclarées sur le formulaire 2086 sauf si le seuil de 305 € de prix de cession annuel n’est pas dépassé. Un compte ouvert à l’étranger doit en outre être déclaré sur le formulaire 3916-bis.

Sources

  • AMF — entrée en application de MiCA, liste blanche des PSCA, agréments de Hexarq et de Revolut Digital Assets Europe, passeport européen
  • FGDR (garantie des dépôts) — brochure explicative : crypto-actifs exclus de la garantie, plafond de 100 000 €
  • impots.gouv.fr — imposition des cessions d’actifs numériques, formulaire 2086, déclaration des comptes à l’étranger (3916-bis)
  • Moneyvox — presse spécialisée : offres des groupes BPCE et BNP Paribas
  • AMF Protect Épargne : questions fréquentes — informations de l’AMF pour les épargnants

Article informatif ne constituant pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les offres, frais et conditions évoluent : vérifiez les informations officielles et à jour de chaque établissement avant toute décision.



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